Centre Hospitalier d'Obernai Hôpital Intercommunal du Val d'Argent

Il faut remonter à 1094 pour trouver trace d'une ébauche d'organisation médicale à Sélestat. C'est en effet le prieuré Sainte Foy qui s'est le premier chargé, dès sa fondation et comme tous les monastères bénédictins, de dispenser certains soins médicaux, conformément aux dispositions du droit canonique. Mais dès 1217, date à laquelle "Schletstadt" est érigée au rang de ville impériale par Frédéric II de Hohenstaufen, mûe par son nouveau statut de ville libre, la cité connaît une période d'expansion démographique. La longue période de stabilité et de paix assurée à l'Alsace par les Hohenstaufen permet à un commerce prospère d'y florir. Très rapidement, la nécessité de fonder une maison de charité se fait sentir. Si la date exacte de fondation du « pauperum et infirmorum hospitalus » (littéralement : hôpital des pauvres et des infirmes, in arch. dép. Bas Rhin, G 1675) ne peut être déterminée avec certitude, elle semble cependant pouvoir être fixée vers 1280. L'idée est soutenue par le clergé qui en assure la réalisation, relayé par l'administration municipale dont plusieurs décisions facilitent la construction de l'hôpital. En effet, elle exempte d'impôt toute donation faite à celui-ci, et décide vers 1290 de céder gratuitement une partie des terrains à bâtir libérés par la destruction des anciens remparts et la construction d’une nouvelle enceinte de fortifications à proximité de la Porte Basse. En contrepartie, il semble que la ville ait exigé un droit de regard sur la gestion de l’hôpital, dont elle entend partager l’administration avec le Schaffner (économe) dépendant du clergé. Ainsi, « das armen spittal » est très vite doté des moyens de sa prospérité, et une vaste chapelle de style gothique consacrée elle aussi au Saint-Esprit, patron des maisons charitables, lui est adjointe à la fin du XIIIè siècle. La consécration de l’ensemble au Saint Esprit se retrouve aujourd’hui encore sur les armes de l’hôpital : le « T » représentant en effet le pouvoir divin descendant sur terre, surplombé de la colombe, symbole de l’Esprit Saint.
 
Au XVè siècle, la prospérité financière de l’établissement et le développement de la ville de Sélestat permettent de satisfaire de nouveaux besoins de prise en charge. Le « Sommerhus » est construit afin de renforcer l’hygiène, en séparant les vagabonds et pèlerins des pensionnaires de l’hospice. La guerre de Trente ans et le feu d’artillerie suédoise lors du siège de Sélestat en 1632 ravagent la chapelle et la demeure des malades, mais les locaux ne sont évacués qu’en 1683 sur injonction de l’autorité militaire pour renforcer les fortifications. En 1684, l’institution est donc déplacée au Fischerbach, puis, en 1733 à l’ancien poêle des pêcheurs, toujours sur décision de l’autorité militaire soucieuse de récupérer le Fischerbach. Le bâtiment est cependant peu propice à héberger des pauvres et des malades, ce qui motive l’Intendant et le Magistrat à commander un projet de nouvel établissement à Chassain. Celui-ci est achevé sur le site du Ladhof en mai 1768, peut accueillir 50 malades et est rapidement doté d’un, puis de deux médecins-physiciens (physicus) payés par la ville en argent et en bois, afin de soigner les malades.
 
Sous l’Empire, dès 1801, Francis Dutaillis, médecin physicien, Nicolas Sérard, premier chirurgien, et Gaech, chirurgien adjoint et pharmacien prennent en charge les militaires blessés et malades de la garnison à l’hôpital civil du Ladhof. C’est à cette époque (1803), pour faire face à l’affluence des malades, que le monastère de Sylo est investi puis cédé par décret impérial du 25 janvier 1807 à l’hôpital désormais mixte afin d’entretenir 200 lits pour le service militaire en temps de paix et 300 en temps de guerre. Au XIXè siècle, la commission administrative de l’hôpital  veille à l’adaptation progressive des bâtiments du couvent des Dominicaines de Sylo en ouvrant de nouvelles salles et en séparant les services. Le 1er septembre 1851, l’hôpital devient cantonal et se voit attribuer la prise en charge des résidents des cantons de Barr, Marckolsheim, Sélestat et Villé. En 1894, la construction d’un lazaret permet une meilleure organisation et l’évacuation des militaires. Un service de chirurgie est créé en 1920, puis un service de radiologie en 1927. Dès 1936, l’urgente nécessité de reconstruire un nouvel hôpital se fait à nouveau sentir lorsque les militaires se réinstallent à l’hôpital. Pourtant, il faudra attendre le projet de construction de l’architecte Stoskopf, approuvé le 3 octobre 1955 pour permettre l’ouverture du centre hospitalier général en octobre 1965. L’ancien hôpital, dénommé alors Saint Quirin, ne fut pas pour autant abandonné, puisqu’il fut consacré à la prise en charge des séniors en devenant une maison de retraite médicalisée de 120 lits. L’évolution démographique et la vetusté de Saint Quirin commanda pourtant en 2000 la construction d’un nouvel établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes sur le site du centre hospitalier : les maisons du Dr Oberkirch.

Aujourd’hui, le CH de Sélestat dispose d’une communauté médicale et soignante compétente et est doté d’un plateau technique moderne. Ces atouts garantissent une prise en charge réactive, efficace et de qualité, des urgences et traitements médicaux, chirurgicaux et obstétricaux de son territoire de proximité. Ses liens particulièrement forts avec les établissements d’Obernai, du Val d’Argent, de Colmar et de Strasbourg  permettent de proposer une offre de soins complète et cohérente à ses patients, des Ried aux cols d’Alsace centrale.

Centre Hospitalier de Sélestat - 23 Avenue Pasteur - BP 30248 - 67606 SELESTAT CEDEX - Tél : 03 88 57 55 55